Triumph Tiger T110 by Retrograde Mechanica

La gamme Modern Classics de Triumph compte désormais douze modèles. C’est une bonne nouvelle si vous voulez tout le style de la marque la plus prolifique de Grande-Bretagne, sans les problèmes liés au fait de posséder une machine plus ancienne. Mais quitte à avoir un couple de Triumph modernes dans notre garage de rêve, il nous faudrait garer un véhicule vraiment vintage à côté d’elles. Et ce délicieux Triumph Tiger T110 de 1958 de Retrograde Mechanica ferait très bien l’affaire.

Retrograde Mechanica est l’activité de Mark Drury, situé à Northampton dans les Midlands de l’Est en Angleterre. Il travaille normalement seul, mais sur ce projet, il a fait équipe avec Nick Dyble Engineering. Ce qui est tout aussi bien : puisqu’ils avaient affaire à une dame de soixante ans, ils avaient du pain sur la planche.

Nous avons demandé à Mark dans quel état se trouvait la Triumph quand il l’a récupérée et sa réponse a été :

« Franchement lamentable. Tout ce que nous avons utilisé dans cette construction étaient les carters, le cadre (modifié et réparé) et les fonds de fourche et les tés. Tout le reste était soit bas de gamme, soit ne correspondait pas à mes besoins ou était au-delà de la réparation économique. »

Sans client à satisfaire, Mark avait le champ libre pour travailler. Heureusement, il avait une assez bonne idée de ce qu’il voulait.

« Passionné par les desert sled et autres dirt tracker, j’ai suivi cette route », nous dit-il. « Ce devait être une Triumph Pre-Unit (1), je suis un fan avéré de Meriden (2), et il devait y avoir des paillettes. Beaucoup de paillettes et beaucoup de chrome. »

Les influences définitives ont été tirées du tracker Triumph « Pitty Tink » construit par Jim Anderson et Arnold Jean en 1957, et des bécanes montées par des grands comme Skip Van Leeuwen au milieu des années 1960.

Triumph Tiger T110 by Retrograde Mechanica : les caractéristiques

Quand il fut temps de s’attaquer au moteur, Mark appela du renfort. Un ami, simplement nommé Jack, le reconstruisit selon ses spécifications, Mark et Nick affinant les choses vers la fin.

« Je suis plus qu’heureux de travailler sur des moteurs anglais », explique Mark, « mais rien ne vaut l’expérience. Et Jack sait comment construire un bon moulin. »

Le bloc-cylindres d’origine fonctionne bien avec un vilebrequin monobloc Triumph, un embrayage à quatre ressorts avec un plateau de pression SRM et une culasse « Delta » d’une Bonneville de 1967. Le moteur comprend également des cylindres à neuf trous de goujons, arbre à cames en acier E3134, une transmission par courroie Hayward et un carter de distribution primaire.

Crédits Images ©Benjamin Roome Photography

Mark a conservé la transmission standard à quatre vitesses des T110 mais a ajouté une nouvelle magnéto de compétition Lucas K2FC. Il y a beaucoup de détails autour du moteur, comme les raccords et les colliers de la durite de carburant, les durites d’huile tressées et le filtre à huile monté dans le trou de dynamo.

Mark et Nick n’ont pas fait les choses à moitié sur le cadre original de la T110. La géométrie est inchangée mais ils ont dégagé les pattes de fixation, re-brasé et lissé le tout. Ils l’ont également renforcé et consolidé et déplacé la traverse arrière vers l’avant pour faire de la place au nouveau garde-boue et au support de selle.

La suspension à l’avant est maintenant une fourche à ressorts externes post-1967 et il y a une paire d’amortisseurs Hagon qui soutient l’arrière. Les nouvelles jantes en alu Akront ont été lacées avec des rayons en acier inoxydable, une de 19″ à l’avant et une de 18″ à l’arrière. L’avant est relié à un moyeu TLS Triumph et l’arrière est jumelé à un moyeu Triumph QD avec un bras de réaction en acier inoxydable exclusif.

Au niveau des commandes, les gars ont installé un guidon de 7/8″ de Front Street Cycles avec une poignée d’accélérateur Amal, des poignées Biltwell Inc., des leviers « period correct » et des câbles Venhill. Le coupe-circuit se trouve dans un élément construit sur-mesure, placé sur une patte de fixation sous la selle.

La construction se termine en beauté avec une carrosserie soigneusement choisie et prête à l’emploi. De l’avant à l’arrière, nous avons un réservoir Wassell, une selle HD et un garde-boue arrière d’origine inconnue fabriqué en Angleterre. La selle et le garde-boue reposent sur des supports exclusifs en alu de 5 mm, liés à des fixations dissimulées. Il y a aussi un support de plaque d’immatriculation intégré sur la gauche.

Sous la selle se trouve le réservoir d’huile Triumph Pre-Unit, soudé par l’arrière au cadre. Les commandes au pied d’origine du T110 sont toujours utilisées mais elles ont été débarrassées des marques de fonderie.

Mark et Nick ont saupoudré la préparation avec une quantité immodérée de petits détails. Les butées de fourche, l’amortisseur de direction et les supports d’échappement sont tous sur-mesure, avec une variété de tiges et d’entretoises. Il y a même un petit dispositif juste à gauche de l’endroit où irait un phare normalement, qui contient une clé et deux bougies d’allumage de rechange.

Ensuite, il y a la sublime peinture métallisée. Flakey Dave Addis l’a magistralement exécutée avec un dégradé de noir vers un bleu pailleté. La seule marque est un petit logo écrit sur le dessus du réservoir de couleur crème.

A & C Auto Refinishers ont enduit le cadre, la fourche et les tés de poudre époxy. Unique Paint & Powder ont refait la peinture de la culasse, Ash de Motoshine Alloy Polishing a tout décapé, Terry & Protec ont réalisé les traitements de surface, et tout semble parfait.

C’est un mélange séduisant de pièces chromées, traitées en surface et peintes, et un restomod bien réalisé. Même garée à côté d’une bécane moderne, elle est sûre d’attirer tous les regards.

Traduction de « Vintage Perfection: Retrograde’s Triumph Tiger T110 » par Wesley Reyneke ©BIKEEXIF


Notes
(1) Le terme Pre-Unit désigne une architecture de moteur où le moteur et la transmission sont des éléments séparés avec leur propre réservoir d’huile. Il s’applique particulièrement aux monocylindres et aux bicylindres BSA / Triumph d’avant le début des années soixante.
(2) L’usine de Meriden en Angleterre a fabriqué les Triumph de 1942 jusqu’à la fermeture de ses portes en 1980.

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