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BMW R75/6 par 46Works

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Dans le monde clairsemé des artisans-préparateurs de motos, Shiro Nakajima se démarque. Ses machines sont généralement fonctionnelles, et parfois même pratiques : le genre de modèles qu’une usine pourrait éventuellement fabriquer.

Certaines sont conçues pour gagner des courses, et d’autres pour s’attaquer à des chemins de terre à l’occasion. Et puis il y a les machines qui distillent le plaisir de la moto en toute simplicité, par ses pièces mécaniques. Comme cette BMW R75/6, qui a presque cinquante ans mais qui est parfaitement capable de s’insérer dans le trafic d’aujourd’hui.

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Pour un œil non averti, cette R75 pourrait être une restauration. Mais les aficionados avisés de BMW remarqueront un grand nombre de modifications judicieuses.

Je l’ai construite à la demande d’un client, nous dit Shiro. C’est d’apparence simple et classique. Mais avec 1000 cm3 de cylindrée, une nouvelle boîte de vitesses et la fourche d’une moto japonaise, elle peut profiter pleinement des routes de montagne.

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A sa sortie d’usine à Berlin en 1973, ce flat-twin disposait de 749 cm3 et de 50 modestes chevaux. Mais lorsqu’il est arrivé à l’atelier de Shiro, une construction traditionnelle en bois située sur l’île de Honshū, le moteur avait fait son temps. Alors Shiro l’a démonté, jusqu’au dernier boulon.

BMW R75/6 par 46Works : les caractéristiques

Il a réalésé les cylindres pour une augmentation de cylindrée, installé de nouveaux pistons et remodelé les soupapes et leurs sièges. Les nouveaux roulements de vilebrequin absorbent la puissance supplémentaire et tous les joints spi et rondelles sont également neufs.

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Les collecteurs d’échappement sont d’origine mais reconditionnés et modifiés à leur extrémité pour accepter de nouveaux silencieux. Exceptionnellement, il s’agit de chrome/laiton, qui n’est que légèrement plus lourd que l’acier.

Les silencieux en laiton sont connus pour leurs qualités « musicales » et vendus sur le marché japonais comme accessoires Harley-Davidson. Des chicanes modèrent le volume de l’échappement.

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Les carburateurs Bing d’origine ont disparu, remplacés par des Keihin FCR39, qui peuvent tirer parti de la plus grande cylindrée et aider à fournir une puissance régulière.

Cette puissance atteint désormais la transmission par arbre via une nouvelle transmission complète, construite à partir de composants BMW d’après 1982, du volant moteur à l’embrayage et à la boîte de vitesses (La réponse du moteur est améliorée et le changement de vitesse est meilleur).

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La totalité du groupe motopropulseur a été nettoyé, de la boîte de vitesses aux carters moteur et aux culasses. Le classique moteur à air n’a jamais été aussi beau.

Le réservoir de carburant était cependant rouillé donc Shiro a obtenu une pièce de rechange plus grande avec les classiques genouillères et l’a subtilement modifiée pour l’adapter. La peinture laquée et foncée et les liserés emblématiques ont été réalisés par le spécialiste local Stupid Crown.

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Le réservoir repose sur le rail supérieur d’un cadre modifié, qui a une nouvelle boucle arrière, un plateau de selle et des supports d’amortisseur. Le tube a été méticuleusement remis en état et nettoyé, et recouvert d’une épaisse poudre époxy noire.

Shiro a lui-même sculpté la forme de la selle dans de la mousse uréthane ; elle est juste assez longue pour accueillir un passager mais ressemble plus à une selle en option d’origine qu’à une conception du 21ème siècle.

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Deux selles en cuir ont ensuite été fabriquées et rembourrées par Razzle Dazzle. Le client peut les changer selon ses goûts : l’une a une assise en cuir de daim gris, tandis que l’autre est finie avec un tissu pied-de-poule Porsche, la favorite du client.

Jusqu’ici tout va bien. Mais un domaine où le style classique a besoin d’un peu d’aide est au niveau de la suspension alors Shiro a greffé une fourche Showa de 41 mm d’une sportive japonaise beaucoup plus moderne.

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Elle cache de nouveaux composants internes et est reliée avec des tés Honda et une colonne de direction sur mesure. Les freins avant utilisent des disques Yamaha de 300 mm, des étriers à quatre pistons et un maître-cylindre radial de Brembo.

L’avant n’a pas l’air trop décalé, aidé par des bons « vieux » soufflets de fourche en caoutchouc, et l’arrière non plus, suspendu par des amortisseurs Öhlins tout aussi vintage.

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Les roues ont de nouvelles jantes Excel reliées à des moyeux restaurés. Cela signifiait usiner plusieurs entretoises, pour un ajustement et un alignement précis, mais cela en valait la peine. Les pneus sont des K81 TT100 de Dunlop, une reproduction moderne d’une gomme populaire sur de nombreuses motos des années 1970.

Les projections des pneus sont déviées par une paire de garde-boues en aluminium. Shiro a pris des garde-boues universels réguliers et en a modifié la forme et la taille. Il a réalisé des supports et des attaches faits à la main pour les adapter parfaitement à la fourche et à l’arbre de transmission.

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Il a également fabriqué plusieurs pièces plus petites et moins visibles comme la pédale de frein et le support de batterie (ci-dessus), qui sont des œuvres d’art en soi.

La simplicité règne cependant sur le poste de pilotage, qui arbore un guidon classique équipé de poignées Tommaselli et d’un mélange de commandes Honda et Kawasaki. Les observateurs éclairés noteront que le boîtier de phare et le compteur proviennent d’une série /5 plutôt que d’une série /6 : une demande stylistique du client.

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Pour que le phare s’adapte, Shiro a dû fabriquer un nouveau support. Il n’est pas fabriqué à partir de métal, mais usiné à partir d’un bloc de DURACON®, un thermoplastique technique.

Tout est câblé à un nouveau faisceau électrique, plus un système d’allumage sans clé de Motogadget. Et pour éradiquer complètement les soucis électriques, Shiro a également remis à neuf le démarreur et l’alternateur.

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Il n’a pas trouvé de support de feu arrière ou de plaque d’immatriculation adapté à la construction ou conforme à la réglementation japonaise. Il a donc conçu et usiné lui-même ces pièces ainsi qu’un feu antibrouillard, plutôt stylé, fixé sur les barres de protection du moteur.

C’est une de ces préparations d’une subtilité trompeuse qui attireront encore des regards appréciateurs dans dix ou vingt ans. Et compte tenu de la solidité de l’ingénierie, elle fonctionnera probablement toujours aussi bien.

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Les compétences de Shiro s’étendent également au domaine numérique : il a créé une vidéo fascinante qui présente non seulement ses compétences d’usinage et de fabrication d’un niveau élevé mais également l’équipement et les techniques d’atelier qu’il utilise pour obtenir ces résultats.

La prochaine fois que vous aurez quelques minutes pour vous, déconnectez du reste du monde et profitez-en.

46Works

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Traduction de « SUBTLY BRILLIANT: A FLAWLESS BMW R75/6 FROM 46WORKS » par Chris Hunter ©BIKEEXIF


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